Article paru dans Le Matricule des Anges
                               Numéro 21 de novembre-décembre 1997

Tout m'énerve
de Georges Picard

En quelques titres déjà "explicites" (De la connerie, Du malheur de trop penser à soi, Le Génie à l'usage de ceux qui n'en ont pas), Georges Picard s'est emparé d'un genre délaissé : le pamphlet. Tout m'énerve s'inscrit dans le même registre : parler de la bêtise ambiante sans aigreur ni nostalgie. Nourrie de philosophie et de littérature, la pensée de Georges Picard l'est surtout de bon sens. Cet énervement ne sombre pas dans la colère : pour un tel désir d'indépendance d'esprit -et une telle preuve de celui-ci- il faut plutôt aller voir du côté des "penseurs libres" comme Henry David Thoreau. "Un académicien proclamait récemment que ce qui justifie l'écrivain, c'est la recherche incessante de la justice et de la vérité. Formule attrayante -attrayante et arbitraire. Fixer un objectif, fût-il noble, à l'artiste n'a jamais abouti qu'à une sclérose de la pensée créatrice", écrit Georges Picard. Ce livre est à l'image de cette contre-vérité énoncée. Et sa vérité est sûrement la vie qui s'en dégage à chaque page.

Marc Bl.

Tout m'énerve
Georges Picard

Éditions José Corti
196 pages, 95 FF

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