Article paru dans Le Matricule des Anges
                               Numéro 21 de novembre-décembre 1997

Cet été
de Anna Gibson

Le premier roman de cette traductrice donne l'impression d'être murmuré. La narratrice note les gestes et les pensées d'un été passé avec son ami étranger Curt à La Courneuve. La succession d'étranges rêves de nuits agitées, le calme des journées que la foule a désertées. Pour autant qu'on sache apprécier la vie, le bonheur n'est pas que dans le pré : "Chaque matin, nous aurons eu la chance de nous réveiller pieds nus."

Cette intimité minimaliste à laquelle nous sommes conviés ressemble à une recette pour apprivoiser le temps. Lui trouver, à chaque seconde, un air différent. C'est aussi une manière de rester attentifs. Car, comme le dit Curt, dans son français vaguement apprivoisé, "Ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on dit, mais qu'il y ait du vide autour." . Et ce vide, autour des phrases courtes d'Anna Gibson, laisse une impression de nostalgie douce au lecteur. peut-être parce qu'il est habité.

T. G.

Cet été
Anna Gibson

Balland
124 pages, 70 FF

© Le Matricule des Anges et les rédacteurs

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