Article paru dans Le Matricule des Anges Numéro 19 de mars-avril 1997
La bibliothèque
matricielle
Visiter
la bibliothèque de Claude Louis-Combet revient à
visiter l'appartement tout entier et encore, pour tout voir, faut-il
descendre à la cave
Partout présents et souvent
précieux, les livres ici ne s'affichent pas de façon
ostentatoire. Seule la bibliothèque du salon offre une
vitrine aux ouvrages. On y trouve les livres que les éditeurs
de l'auteur lui envoient. Des contemporains comme Jacques Ancet :
"j'aime son écriture, même si son univers
est très différent du mien. Il a un art de la description
très fine, très sensible". La bibliophilie
a investi le couloir. On y dégotte là des choses
étranges comme Les OEuvres spirituelles de Monsieur
de Bernières dans une édition de 1671, ou encore
la reine du quiétisme avec Les Pensées et critiques
spirituelles de Madame Guyon millésimée 1722.
La dame, on le sait, convertit Fénelon présent ici
avec l'édition originale des Explications des maximes
des saints (1697).
Plus proche de nous, l'abbé Henri Brémond (1865-1933)
étale ses douze volumes de son Histoire littéraire
du sentiment religieux en France. Kierkegaard (dont le nom
signifie cimetière) est là, tout entier,
avec les dix-neuf volumes dans l'édition de Jean Brun.
Et puisqu'on aime brasser les époques et les genres, allons
jusqu'au bout du couloir, où règnent les littératures
grecque et latine dignement représentées, entre
autres, par Platon, Plutarque, Sénèque, Prudence
Nietzsche à côté, malgré ses quatorze volumes ferait presque piètre figure. Les livres les plus liés à l'écriture de Claude Louis-Combet, se trouvent dans son bureau, caverne utérine qui couve les pages blanches rangées sur le bureau. On nommera seulement Les Provinciales de Pascal dans une édition de 1760 : les livres qui composent la bibliothèque de philosophie, celle de spiritualité, celle consacrée à l'antiquité, la mythologie, l'ethnologie, la psychanalyse, les arts plastiques, sont trop nombreux. On rendra donc grâce devant la pièce la plus spectaculaire : un lourd lutrin d'église sur lequel, posé comme un cachalot le très volumineux Dictionnaire des cas de conscience de 1736. Imposant comme les règles immuables de l'Église.
T.G.
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