Article paru dans Le Matricule des Anges Numéro 19 de mars-avril 1997
Survol
Quoi de neuf en Scandinavie? Pour les paresseux ou les esprits épris de synthèses, Nouvelles du Nord recense chaque année l'ensemble (exhaustif) des parutions venant du grand froid.Ses critiques sont vivifiantes et peu complaisantes. Pour la revue, la plus belle surprise du premier semestre 96? : Le Dernier Espion du Danois Leif Davidsen (Éd. Gaïa).Au-delà de cette lecture-bilan, on trouvera également dans ce petit observatoire des lettres septentrionales cinq textes de création tombés dans l'oubli ou inédits (dont Les Premiers Pas en littérature de Hjalmar Söderberg), un entretien avec Éric Eydoux, traducteur entre autres de Faldbakken et cofondateur des Boréales de Caen, ainsi qu'un éclairage sur l'oeuvre du cinéaste finlandais Valentin Vaala (1909-1976).Un bel ensemble qui remplit son objectif : promouvoir la culture nordique, en répertoriant coups de coeur et impostures.
Nouvelles du Nord N°6 - 80 pages, 99 FF - L'Élan 9, rue Stephenson 44 000 Nantes.
Ceux qui préfèrent les pays chauds
iront voir du côté d'Aires
N°23, consacrée à
la poésie canarienne contemporaine.De belle facture dans
son format carré, Aires offre là une véritable
anthologie aussi courageuse qu'intelligente. Courageuse car elle
permet la découverte d'auteurs inconnus en France, mis
à part, peut-être, Andrès Sanchez Robayna.
La revue, après une présentation très référencée
de Jean-Gabriel Cosculluela, s'ouvre sur la lumière et
le silence de Miguel Martinon pour se refermer sur le vide fascinant
de la jeune Goretti Ramirez, traductrice de Lionel Bourg et Charles
Juliet. Entre ces deux portes la lumière de l'île
traverse les poèmes et les proses, comme une obsession
ou comme une signature. Au centre du volume, les noirs du peintre
Luis Palmero aiguisent l'oeil jusquà faire apparaître
les silhouettes de bâteaux sur la mer.La contemplation semble
ne pouvoir se faire, aux Iles Canaries qu'en plissant les yeux.
Si Roberto Cabrera écrit : "L'ombre seule/
d'un arbre quiet./ Ses branches noires/ - battement profond -/
disent la nuit", au sortir de ce numéro exemplaire,
c'est bien le jour éclatant que disent ces textes.
Cela ne rend que plus nécessaire, une revue qui les met
en lumière et qui, en plus, offre une présentation
biographique de chaque auteur.
Aires N°23 Insula
-B.P. 221 42 013 Saint-Étienne cedex 2 80 pages, 75
FF
Abonnement 2 numéros : 140 FF
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