Article paru dans Le Matricule des Anges
                               Numéro 7 d'avril/juin 1994


Le Livre d’heures

de Michel Alvès

Les bonnes âmes devront éviter la lecture du dernier ouvrage de Michel Alvès. C’est une telle réussite que l’appel de la chair pourrait bien étouffer les dignes censeurs, en vogue actuellement. Le Livre d’heures recueille des textes courts, pour le moins intimistes de la vie sexuelle du narrateur et de sa compagne. L’écueil de l’érotisme gnangnan a été évité, Alvès se situe du côté de Bataille et d’Histoire d’O. Pratiques sadomasochistes, voyeurisme, violences : le registre de ce bréviaire de l’amour n’exclut pas, et c’est là pure merveille, la poésie, l’émotion. Ils sont rares les écrivains à pouvoir nous offrir ainsi une image aussi crue de la femme sans lui ôter sa part lumineuse et diaphane. La structure du texte établit par éclairages successifs la figure d’une héroïne qui rejoindra dans la bibliothèque les Edwarda de la littérature, car l’auteur assurément manie la langue aussi bien que son narrateur...

Le Livre d’heures
Michel Alvès

Phébus
157 pages, 98 FF

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