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Interview

Olivier Gadet directeur des éditions Cent pages

Son départ fait la une de tous les journaux, les mouchoirs kleenex devraient carrément mettre sa bouille en effigie sur leurs paquets : Bernard Pivot s'en va. La belle affaire ! Le plus bel hommage n'est-il pas rendu par les éditions Cent pages (auxquelles nous consacrons notre dossier dans le N°35 du Matricule) ? Sous la direction d'Olivier Gadet, Cent pages en effet a décidé de republier Apostrophe à Pivot de Raymond Cousse. L'auteur de Stratégie pour deux jambons s'en prenait à l'animateur public dans un texte pamphlétaire aussi virulent que drôle. Publié initialement dans À bas la critique Apostrophe à Pivot vaut le détour. Ce texte marque la naissance d'une nouvelle collection chez Cent pages : Cosaques.

Nous avons donc décidé de poser quelques questions cosaques au volubile (sic) Olivier Gadet.

Alors que le monde médiatique prépare ses mouchoirs pour saluer en larmes de crocodile le départ annoncé de Bernard Pivot, vous republiez Apostrophe à Pivot du regretté Raymond Cousse, pamphlet virulent contre Monsieur-dictée. Pensez-vous que remettre dans le circuit des librairies un texte où Pivot est traité d'"insignifiant en général et de passablement niais" est du meilleur goût?

Apostrophe à Pivot est un très bel ouvrage de Raymond Cousse, à l'égal de Stratégie pour deux jambons ou L'Envers vaut l'endroit. M. Pivot y est traité comme un sujet, une idée générale, un personnage débonnaire et suffisant, auteur de livres médiocres. Je suis très heureux d'ouvrir cette série cosaques par ce livre. À tout prendre je le trouve de meilleur goût que la photographie de couverture du magazine Lire consacré au sujet, à sa fin.

La virulence de Raymond Cousse fait parfois oublier que son pamphlet s'appuie au moins autant sur une pensée que sur un tempérament. Il montre le totalitarisme de la télévision. Pensez-vous que ce texte écrit en 1983 est toujours d'actualité alors que de nouvelles émissions sont apparues?

Je ne connais rien aux émissions de télévision, si ce n'est Droits d'auteur, que j'ai regardé une fois à l'occasion du passage d'Arthur Bernard pour son livre L'ami de Beaumont (89 F) en 1998. Du reste il me semble que la télévision ne montre que la télévision, pas autre chose.

Si Pivot vous avait invité lorsque vous avez publié votre premier roman, Le Fredon (Climats, cf. Matricule N°30) auriez-vous republié Apostrophe à Pivot?

J'ai déjà édité Apostrophe à Pivot en 1998 dans un recueil de Raymond Cousse intitulé A bas la critique (59 F), série de lettres expédiées par Raymond Cousse à quelques employés de journaux et de chaînes de télévision. Cela était antérieur à la parution du Fredon (2000) .

Cette réédition de Cousse marque la naissance d'une nouvelle collection, Cosaques. Quelle sera la caractéristique de cette collection?

De la littérature en gants de boxe, à un prix modique, au rythme de cinq ou six publications annuelles.

Vous aviez écrit et publié un charmant pamphlet, J'emmerde Le Monde dans lequel vous vous en preniez à Pierre Lepape et à Josyane Savigneau du journal Le Monde des Livres. Vous détestez tant que ça la critique littéraire? Et pensez-vous que d'autres éditeurs auraient pu écrire, sinon dans la forme du moins dans le fonds, ce même pamphlet?

J'emmerde le Monde va être édité à nouveau en janvier 2002 au prix de 10 F. Il s'agit d'une compilation d'articles, de rectificatifs et de courriers écrits par les chroniqueurs du Monde eux-mêmes à différents moments de leur carrière. Dans ce sens, si j'ose dire, ils s'en prennent les uns aux autres.