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Vds avatar, BE, peu servi
Lmda N°272 Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre. Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses...
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Domaine étranger Des mots pour dire L’Argentin Luis Sagasti construit un kaléidoscope où l’histoire, l’art et les langues composent de brillantes constellations. Comme dans ces comptines qui avancent sur le mode de l’association d’idées et des échos de sens ou de son, ricochant allègrement de chapeaux de paille en paillassons, Luis Sagasti suit dans Langues vivantes un fil capricieux qui se nourrit de ses mille et une bifurcations possibles, jusqu’à former une virevoltante combinatoire thématique aux profondeurs insoupçonnées. Il y a quelque chose ici d’un art de la fugue sur un clavier sensible qui...
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Domaine français Miroir, dis-moi tout Jean Villemin nous entraîne dans une histoire de doubles mi-spleenétique, mi-loufoque. Un beau rêve éveillé. C’était le cas déjà dans Le Pays des herbes debout (Lmda N°259), le personnage principal de Brocken se prénomme « Jean » comme l’auteur. Celui du Pays se rendait dans une contrée envahie par les roseaux, et le dossier de presse notait que Villemin a vécu près d’une rivière où ils abondent. Ici, l’éditeur nous apprend que l’écrivain, également sculpteur, « collectionne les vieux miroirs piqués qui ne renvoient que la moitié de soi ». Un tour...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Nature peinture
Controns la grisaille par une escapade à Marseille, avec La Bonne Mère, premier roman de Mathilda Di Matteo. Clara, jeune prof à Sciences Po en phase de gentrification, se détache de son ascendante, Véro, « seins énormes » et manières de cagole. La présentation du fiancé, Raphaël, fils de ministre, crée un choc des cultures. Garamond vs Comic Sans : « Je l’appelle le girafon (…) À croire qu’il est en safari partout (…) ». Un mail de la revue, service Qualité, interrompt notre élan : l’examen des data de la page 52 souligne une nette disparité de traitement, avec davantage d’auteures que...
Le Matricule des Anges n°268

un auteur
Maurice Pons
Chronique
Traduction
Traduction
Christophe Mileschi & Martin Rueff
Works, de Vitaliano Trevisan
Christophe – Quand je traduis je m’absente. Me laisse traverser par la parole de l’autre, à qui je cède ma voix et ma langue française. J’ai un peu brûlé les planches : souvent j’ai cru sentir une proximité profonde entre ce qu’il advient de moi traduisant et ce qui arrive à l’acteur·ice incarnant quelqu’un·e qu’iel n’est pas. Qu’on traduise ou joue un rôle, les pièces dont on est formé se réagencent au service d’une interprétation. On objectera que l’acteur·ice fait ça surtout avec son corps, là où la traducteur·ice ne s’engage pas physiquement dans sa traduction. Ce serait scinder...
Le Matricule des Anges n°269
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Domaine étranger Fake clown En racontant l’irrésistible ascension de Trump, l’Italien Stefano Massini passe l’Amérique capitaliste au scanner de sa prose incisive. Et pose un diagnostic implacable. On est mal barré. Avec Donald, Stefano Massini reprend le dispositif mis en place pour Les Frères Lehman : une longue laisse de mots déroule un texte tout en verticalité rappelant ainsi graphiquement le symbole même de Trump et du capitalisme américain : la tour qui porte le nom du milliardaire. On se souvient que Les Frères Lehman avait obtenu le prix Médicis de l’essai 2018. Une distinction méritée mais étonnante, le livre, écrit pour le théâtre,...
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Poésie Songeries légendaires Dans une étonnante fiction rêvée par la langue poétique, Michel Dubret invente un monde perdu dans un passé immémorial où survivent les traces d’anciennes magies. Voici un livre aussi étrange qu’inclassable. Une fiction qui invente un temps incertain (un passé invérifiable, propice à la mécanique suggestive des légendes) et qui vibre dans ce riche espace où la poésie s’empare de la prose jusqu’à la retourner. Un texte, autrement dit, où l’écriture refuse drastiquement toute banalité, tout relâchement, chassant au loin le spectre du lieu commun, ennemi héréditaire de la littérature. Une langue qui...
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Poches Coups du sort À l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition, Maurice Pons fait à nouveau tourner les presses. La réédition des Délicieuses frayeurs de Maurice Pons rappelle à propos que cet écrivain aussi discret de son vivant que cardinal fut un nouvelliste hors pair. L’Académie française elle-même s’en aperçut qui lui offrit son Grand Prix de la nouvelle en 1985. Chacune des neuf nouvelles du recueil de 2006 – c’était alors une composition inédite de nouvelles éparses – assure une flagrante administration de la preuve que personne ne s’est trompé...
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Théâtre À hauteur d'oiseaux Le conflit israélo-palestinien au centre d’une tragicomédie où l’humour le dispute à l’émotion. Jérusalem, 2020. Dans la vieille ville, deux oiseaux vaquent à leurs occupations : un bulbul, espèce endémique paisible et casanière, et une drara, espèce invasive et volontiers agressive. L’un arrange son nid, l’autre cherche de la nourriture. Sur un écran est projeté le récit d’un drame qui a marqué la société israélienne et provoqué des manifestations de grande ampleur : alors qu’il se rendait au centre Elwin, une institution pour...
Intemporels
par Didier Garcia
Big Bang
Avec Lanark, l’Ecossais Alasdair Gray signe un des romans les plus protéiformes du XXe siècle.
Autant l’avouer d’emblée, Lanark n’est pas vraiment de ces romans qui se laissent facilement empoigner. À la traditionnelle linéarité du récit, Alasdair Gray (également peintre et muraliste) a préféré un dispositif plus complexe. Constitué de quatre livres distincts, ce roman commence par le troisième d’entre eux, grâce auquel nous découvrons l’errance d’un Lanark devenu amnésique dans un monde qui n’est pas sans rappeler l’univers fantastique des films de Miyazaki (avec des humains qui se métamorphosent en dragons ou en salamandres). À la fin de ce premier volet plutôt déroutant (qui se...
Le Matricule des Anges n°258








