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Actualités   
Vendredi 21 novembre 2003 

Cette chronique tendait à être hebdomadaire mais vu notre agenda, elle ne fait que tendre :o)... Si vous souhaitez être informé(e) de son renouvellement, inscrivez-vous au club, c'est gratos.

 

Pour Noël


Le Matricule des Anges N°48 vient de paraître. Avec ses 64 pages, il devrait vous valoir de passer le cap de Noël. Le suivant ne viendra qu’à l’aube de l’année nouvelle histoire de redémarrer avec une fréquence toujours mensuelle mais qui vaudra de retrouver les anges chaque premier du mois.
C’est le Prix Médicis étranger qui en fait la une (on a été super rapides, hein ? En fait, on avait programmé ce dossier avant que Enrique Vila-Matas n’obtienne le prix). Venu à Bordeaux pour la dernière du Carrefour des Littératures, nous en avons profité pour prendre le temps d’évoquer avec cet homme du livre (catalan mais comme il le dit, reprenant Gombrowicz : « quand j’écris je ne suis ni polonais, ni chinois »). Ses propos dépassent largement le cadre de son œuvre pour évoquer l’importance de la littérature et les dangers qui la guettent. Revenant de Chambéry, le week-end dernier, l’écrivain Christian Garcin (invité pour le festival Les Automnales) me confiait que, s’il avait lu les réponses de Vila-Matas à nos questions il n’aurait eu qu’à les lire lors du débat de l’après-midi (il avait été associé à Eric Faye, beau duo). Bref, tout ça pour dire qu’a priori toute personne qui s’intéresse à l’écriture devrait trouver du grain à moudre dans les propos de l’auteur de Le Mal de Montano.
L’éditeur choisi ce mois-ci est une femme et une Québécoise : Brigitte Bouchard a créé Les Allusifs qui s’intéresse essentiellement au roman court. Battante énergique, l’éditrice est venue en France proposer ses découvertes dont l’écrivain Sylvain Trudel.
Autre invité : Serge Joncour dont le physique est assez à la mode du côté de l’Australie en ce moment. Ce géant est un taiseux qui parle remarquablement juste. Si vous n’avez pas encore lu U.V. (Le Dilettante), vous risqueriez d’en avoir bougrement envie après avoir lu son interview. Une autre figure attachante : la comédienne et dramaturge Pauline Sales dont les propos donnent cette forte évidence qui signe les auteurs de caractère. C’est à lire, vraiment. Mais bon, dire ça, évidemment, ça passera pour de l’autopromotion. Bon alors disons que Le Matricule des anges N°48 vient de paraître en librairies et maisons de la presse.

 

 

 

Saint-Nazaire endeuillée

• Le festival Meeting (voir agenda) qui devait se tenir les 21, 22 et 23 novembre à Saint-Nazaire vient d’être reporté probablement en février. Les rencontres avec les auteurs, venus d’un peu partout dans le monde, devaient se tenir dans l’enceinte d’Escal’Atlantic, musée in situ qui vous fait pénétrer dans les grands transatlantiques de l’Histoire. Le festival devait aussi fêter la parution du livre sur le Queen Mary 2. La catastrophe du week-end qui a vu toute la ville plongée dans l’effroi rend impossible la manifestation. Patrick Deville, son organisateur — pour la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire — a été contraint d’appeler les auteurs invités pour leur dire de ne pas venir. Ça devait être la première édition de cette manifestation ambitieuse. Souhaitons à ses organisateurs et à la Ville de Saint-Nazaire de trouver l’énergie pour faire de Meeting un rendez-vous réussi en février et une œuvre forte pour aider, si possible, les familles des victimes de la chute de la passerelle.

 


 

Un nouveau mensuel

• Il faut croire que moins les gens lisent de livres plus les magazines littéraires sont nombreux. Après Le Matricule des anges passé mensuel en septembre (mais ça vous le savez) voici qu’on annonce la parution d’un nouveau mensuel : Topo. Animé par une ancienne de France Culture, Isabelle Rabineau, ce nouveau venu reçoit toute la logistique du groupe Alvisa (qui publie Synopsis). Il devrait sortir le 21 novembre. On n’en sait guère plus (sauf que Dominique Poncet, l’écrivain et directeur de feue La Main de Singe y collaborera ainsi que des libraires auxquels des pistes de lecture seront demandées). Ambitieux, le magazine annonce un tirage de 100 000 exemplaires et met Bashung en une du premier numéro.
On vous tient au courant dès qu’on en sait plus…

 

 

Un nouveau site

Le site de François Bon et ses amis nous apporte chaque mois son soutien en se faisant le relais de nos parutions. L’ami François Bon en profite pour regretter le temps où la rubrique d’actualité suivait un rythme plus soutenu. Il est marrant François : à force les amphétamines ne font plus d’effets. S’il met cette nonchalance du site sur le registre du « pas de temps » et du « pas rentable » (ce qui n’est pas faux), la vérité veut qu’on ajoute aussi la notion de « pas d’envie »… L’actualité littéraire de plus en plus semble se dire soit dans la langue marketing, soit dans la langue des copains : bref, une mixture souvent indigeste. On s’enlise là-dedans. C’est difficile à expliquer : l’impression que le monde littéraire est un sous-marin sans hublot dont la vie semble tournée seulement sur ses soutes. Les débats donnent lieu à des entreprises de promotion, les dialogues à des échanges de slogans. La plupart des professionnels du livre ne lisent guère (faut voir comment ils nous félicitent – quand paraît un de leurs bouquins – sans trop savoir ce qu’on a écrit dans les derniers numéros). Bref, un peu de ras-le-bol du petit milieu qui en ces temps de manipulation médiatique préfère jouer en division de sous-ligue plutôt que de combattre la dérive putassière du système. Évoquer cette actualité nécessite du temps, de la rigueur, mais au bout du compte on risque de ne passer que pour des râleurs, des aigris ou, ce terme dont raffolent les journalistes de salons, des « provinciaux ».
Du coup on réfléchit un peu (faut pas exagérer) à une nouvelle mouture du site. Histoire de vous proposer quand même de quoi nourrir les insomnies et les colères, les soirées d’hiver et les coups de cœur. En attendant passez le bonjour aux incroyables activistes de remue.net, et encouragez-les à tenir la barre.

 

 

António Lobo Antunes en vidéo

• Venu en septembre à Montpellier pour une rencontre organisée par la librairie Sauramps (rencontre pour laquelle nous jouâmes les poseurs de questions), l’écrivain portugais António Lobo Antunes a accepté de nous accorder un entretien publié dans Le Matricule des anges N°47. Nous en avons profité pour filmer l’interview et nous vous proposerons sur le site d’en retrouver quelques extraits.
L’entretien porte essentiellement sur son dernier roman traduit en français : Que ferai-je quand tout brûle ? (Christian Bourgois, 710 pages, 27 euros). C’est un roman d’une puissance assez incroyable qui trace le portrait d’un travesti, de son fils (qui voit en son père tantôt une femme, tantôt un homme et qui doute de sa réelle paternité) et de ceux qui les entourent. Roman sur l’identité, sur la douleur, la quête d’une autre vie impossible.

 

 

 

 

 

 

Appel aux bonnes utopies

On pose la question aux auteurs : « Quelle révolution souhaitez-vous ? » dans chaque numéro du Matricule depuis celui de septembre. Mais ici, on pourrait aussi vous la poser. Lecteurs, « Quelle révolution souhaitez-vous ? ». On lira ici même vos réponses (Thierry@Lmda.net).

Bonnes lectures !