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Cette chronique Actualités est renouvelée le plus souvent possible, en fonction de l'actualité. Elle est tenue par Thierry Guichard, le directeur de la publication, sauf indication contraire (signature)
Un Jouet exotique
Les Ambassades, suite et fin
livres reçus
Quelques rendez-vous
En projet
Lundi 08 février 1999

Un Jouet exotique

Eric Dussert nous a envoyé, il y a quelques temps un article sur Jacques Jouet auquel il n’est pas exclu que nous consacrions un entretien dans le prochain numéro du Matricule. En voici l’intégralité :

Sur les traces de René Ghil, l’oulipien Jacques Jouet fait le tour du pantoum. Ce poème d’origine malaise a charmé des générations d’écrivains par son exotisme et sa musicalité.

L’Architecture du Pantoum

Poète, romancier et auteur dramatique, Jacques Jouet est membre de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle). A ce titre, il conçoit la littérature comme une vaste caverne d’Ali Baba où les phrases, les mots et les lettres aux reflets changeants offrent d’infinies possibilités d’intelligence et de récréation. Aussi s’est-il attaché à rendre ses lettres de noblesse au pantoum, genre poétique oriental éclipsé par la vogue persistante du haïku japonais.

D’origine malaise, le pantoum est une forme de poème dont les règles de composition sont fixes. Malgré quelques variations, on s’accorde sur le fait que le pantoum est composé de quatrains dont les deux premiers vers portent une notation concrète ("Gracia joue et s’élance!") tandis que les seconds introduisent subjectivité et émotion ("J’ai senti noyer mon cœur"). On peut en outre alterner les rimes (abba/baab/…) et procurer aux vers des sens multiples en les répétant dans des contextes différents. Cette dernière manière, dite du "pantoum en chaîne", a obtenu la préférence des écrivains occidentaux.

Introduit en Europe par l’orientaliste anglais William Marsden au début du XIXe siècle, le pantoum a trouvé en France une terre d’élection. De Victor Hugo à Jules Laforgue en passant par le spécialiste du genre Leconte de Lisle, les poètes ont su très vite déceler ses ressources musicales. En marge d’"Harmonies du soir", Baudelaire notait "Cela danse". De fait, ses quatrains ont pris des allures de valse lente par la simple grâce de la répétition de trois vers. C’est aussi le cas d’"En passant en chemin de fer", très beau poème de Louisa Seifert (1845-1877) dont la progression circulaire est en adéquation avec son sujet.

Mais la licence poétique n’est pas un vain mot. Dans un "Pantoum négligé" empreint de nonsense, Verlaine agrège aux contraintes déjà nombreuses celles, incongrues, du jeu de corbillon qui imposent les rimes en "on". De son côté, Théodore de Banville retourne aux normes du pantoum traditionnel mais en use sur le mode bouffon : "il fait bon pour les cœurs souffrants:/ sur la mousse je veux qu'on m'aime./ Lequel est Balzac ? Soyez francs./ - Balzac ? Dit chacun, c'est moi-même."

C’est René Ghil (1862-1925), un disciple de Mallarmé qui produit en 1902 le chef-d’œuvre attendu avec le Pantoun des pantoun [sic]. Dans ce recueil rarissime reproduit par Jacques Jouet, Ghil fait la synthèse des courants, ouvre une voie nouvelle. Il y compose un ballet bien personnel après avoir rencontré une danseuse balinaise qui lui apprit, notamment, la langue malaise. Largement coloré d’images exotiques, c’est peut-être son livre qui a donné à nos contemporains français Michèle Grangaud, américain John Ashbery ou allemand Oskar Pastior la singulière envie de s’exprimer "en pantoum". Une originalité qui laisse pantois.

Dirigée par l’ex-chanteur aux "mains de chômeur" Francis Lalanne, la collection "L’Architecture du verbe" avait déjà accueilli les substantiels essais de Jacques Roubaud sur La ballade et le chant royal et de Pierre Lartigue sur La Sextine. Avec Echelle et papillons, elle prouve à nouveau sa capacité à disséquer les formes littéraires sans gommer leur saveur. Et du goût, le pantoum n’en manque pas.

Eric Dussert

Jacques Jouet, Echelle et papillons, le pantoum. Suivi du Pantoun des pantoun [sic] de René Ghil Les Belles-Lettres, collection L’Architecture du Verbe, 295 pages, 140 FF.

 

Les Ambassades, suite et fin

Jeudi dernier vous avez eu droit à une partie du programme des Ambassades, festival de littérature organisé par le Centre Régional des Lettres de la Région Centre (grosso modo : Orléans, Blois, Tours, Romorantin, Bourges, Châtouroux, Mézières en Brenne).
Donc durant une quinzaine de jours des écrivains sont reçus en librairies, bibliothèques, théâtres pour des lectures et débats. Un colloque ouvre le festival à Tours. Chaque année, un thème préside au choix des auteurs invités. Cette année c’est "Ecrire l’intime". A l’occasion de ce festival, Le CRL-Centre propose à ceux qui le souhaitent un petit opuscule présentant les invités du colloque. Ceux-ci ont répondu à une demi-douzaine de questions autour du thème de l’autobiographie. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à téléphoner au CRL (demandez Marie-Pierre, Edwige ou Françoise -que vous embrasserez de ma part) au 02 54 72 27 49 (pour le fax, composez 02 54 73 13 12).

 

 

Voici le programme complet:

 

Mercredi 24 février à Châteauroux à 20h30 au cinéma Apollo rencontre avec Philippe Lejeune

The colloque à Tours :

Vendredi 26 février (19H) - université, salle Thélème

"Je est un autre" avec :

Yves Charnet

Camille Laurens

• Marc Petit

Samedi 27 février (15H) - salle Jean-de-Ockeghem - centre ville

"Il est le même" avec :

François Bon

Jacques Borel

Marie Depussé

Jean-Benoît Puech

Lundi 1er mars à Blois - Jean-Benoît Puech au lycée Camille Claudel (à ne pas confondre avec Camille Laurens)

à Chailles (21 H00) à la clinique de la Chesnaie Josée-Laure Durrande qui a consacré un très important travail sur Claude Louis-Combet

Mardi 2 mars à Saint-Avertin (20h30 - bibliothèque) Pierre-Autin Grenier (si vous vous y rendez, il ne serait pas mal vu d’y aller avec un petit vin blanc de derrière les fagots. Pierrot vous en sera reconnaissant)

Mercredi 3 mars à Orléans (18h30) à la librairie Les Temps Modernes Fred Deux (allez jeter un œil sur la Une de Libération du 28/01!)

à Châteauroux (20h30 médiathèque) Pierre-Autin Grenier (s’il vous reste encore une bouteille de blanc…)

Jeudi 4 mars à Tours Yves Charnet retourne à l’école (Lycée Balzac- toujours très dynamique pour ce qui est de la littérature)

Joué-Les-Tours Yannick Haenel au lycée professionnel d’Arsonval (ça fait plaisir de voir des lycées participer à ce genre de manifestations)

Blois Yves Charnet et Denis Podalydès à la bibliothèque Abbé Grégoire (A ne pas rater!) à 18h30

Neuvy-Le-Roi (A côté de Tours) Richard Morgiève à la maison des écritures à 20H30

Vendredi 5 mars à Blois Richard Morgiève à la maison d’arrêt

Romorantin Xavier Bazot à la médiathèque avec Marc Roger, comédien (18h30). Je ne vais pas redire tout le bien que je pense de Romorantin (et de Bazot).

Tours conférence d’Alain Bergala au cinéma Les Studios à propos et après la projection de Nos se last night de Sophie Calle.

Samedi 6 mars à Chaon Camille Laurens à la bibliothèque (14h30)

Mézières-en-Brenne Jean-Claude Pirotte à la bibliothèque (15h00) . Amenez à boire!!!!!

Villebarou Camille Laurens à la maison des associations (20h00)

Mardi 9 mars à Tours Chantal Chawaf à l’Université François-Rabelais (18h30). Si même les étudiants participent…

Orléans Bernard Chambaz à la médiathèque (18h30)

La Riche Jean-Benoît Puech à l’Hôtel de Ville (20h30)

Mercredi 10 mars à Bourges Jacques Serena à la cafet' du campus (18h30)

Jeudi 11 mars à Romorantin Azouz Begag au lycée professionnel Denis Papin (salut, le lycée -ils sont abonnés au Matricule :-) )

Tours Azouz Begag à la maison d’arrêt

Orléans Jacques Serena à la fac de lettres (décidément Jacquot est très fac!) (16h00)

Saint-Jean-de-Braye Catherine Lépront à la Médiathèque (20h30)

Tours Jacques Serena au centre de Vie du Sanitas (20h30)

Vendredi 12 mars à Saint-Maur Marie Depussé à la maison d’arrêt

Tours Patrice Delbourg au lycée Sainte-Ursule

Vouzon Jacques Borel à la bibliothèque (18h00)

Samedi 13 mars à Tours Charles Juliet à la bibliothèque (14h15) grâce à la très dynamique association LAC (depuis l’auditorium, on voit le cours de la Loire, c’est très joli).

Selles-sur-Cher Jacques Borel à la bibliothèque (15h00)

Orléans La Source Chantal Chawaf à la bibliothèque (16h00)

C’est-t-y pas beau tout ça?

 

livres reçus

Vous retrouverez une partie de la sélection de livres reçus depuis le 21 ici. Beaucoup de livres (on doit être à environ 130-150 par semaine). En revanche, les éditeurs d’ouvrages pour la jeunesse ont l’air de bouder Le Matricule. Normal, on les a boudés pendant six ans. Reçus quelques titres de deux collections de chez Bayard. Les séries s’appellent Mysteria et Marcantour. Le principe de ces deux séries consiste notamment à faire travailler des équipes : d’où pas d’auteurs. On reste sur la problématique "faut-il utiliser des recettes pour faire lire ou publier de la création véritable?" Vaste question. Notre pari, au Matricule, c’est qu’on peut faire lire les jeunes et les moins jeunes avec de la véritable création.

Parmi les ouvrages reçus, à noter :

Le deuxième roman (ou récit) de Béatrice Leca Des années encore (Seuil, 69 FF) était très attendu de ceux qui avaient aimé Technique du marbre paru en 1996. Née en 1970, Béatrice Leca y dévoilait une écriture à la fois rigoureuse et pleine d’une émotion contenue, tendue. La brièveté de ce nouvel opus et les premières pages parcourues laissent penser que le bonheur de la lecture sera ici encore présent.

 

 

 

Signalons la naissance d’une nouvelle revue (encore une, mais qui s’en plaindra?) L’instant d’après (72 FF) associe à l’humilité de sa pagination (48 pages) la renommée de certains de ses auteurs : Philippe Jaccittet, André Frénaud, Roger Munier et Joël Vernet.
Sobre mais élégante cette revue est le fruit de l’association Les pas perdus à laquelle vous êtes conviés à envoyer vos manuscrits (Le Cras 71 250 Cluny). Mais, règle N°1 : avant d’encombrer la boîte aux lettres de toute revue, veuillez au moins en lire un numéro.

 

 

Quelques rendez-vous

La scène nationale Les Gémeaux à Sceaux (92) propose des rendez-vous poétiques de grande qualité sous le titre générique "Jeunes poètes/fin de siècle". Chaque soirée est composée de deux parties : d’abord lecture par des comédiens de textes de Sandra Moussempès, Karel Logist, Didier Garcia (notre Didier Garcia!), Oscarine Bosquet, Gwénaèlle Stubbe, Christophe Galland. Ensuite carte blanche donnée aux auteurs invités. Rens. : 01 46 61 36 67

Donc

- Samedi 13 février à 20h45 : Nathalie Quintane, Laurence Vielle, David Dumortier
-
Dimanche 14 février à 17h00 : Isabelle Pinçon, Christophe Huysman, Christophe Tarkos
-
Du 26 au 28 mars 13e Fête du Livre de Bron (près de Lyon) sur le thème ´ Transmettre ª. Avec une floppée d’écrivains invités.

Tél 04 72 36 13 84

Les autres rendez-vous se trouvent dans notre Calendrier

 

En projet (HELP!)

Nous vous rappelons que, voulant construire un site comme vous nous en direz des nouvelles, nous vous sollicitons car nous avons besoin de cartes postales du monde entier et surtout de cartes postales de bistrots. Donc, n’hésitez pas.

 

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