|
|
|
Cette chronique tend à être hebdomadaire mais vu notre agenda, elle ne fait qu'y tendre ;-). Si vous souhaitez être informé(e) de son renouvellement, inscrivez-vous au club, c'est gratos.
Disparition de Jean Le Mauve
Le typographe-éditeur Jean Le Mauve est mort dimanche 3 juin à Aizy-Jouy à l'âge de soixante-et-un ans. Très attaché à son métier mais fatigué par d'incessants travaux, cet homme de coeur a été trahi par le sien alors qu'il imprimait. S'il se plaçait dans la filiation de Guy Lévis Mano, c'est avec Jean Vodaine qu'il a appris son métier en travaillant à la composition et l'impression de la revue Dire. Proche du groupe de La Tour de Feu (Pierre Boujut) et de Plein Chant (Edmond Thomas), il a édité livres et plaquettes de poésie à partir des années 1970 sous sa propre marque, L'Arbre. Son goût pour le naturel et la simplicité l'ont porté à privilégier dans ses publications le monde rural, ses paysans, ses animaux. Écrivain lui-même, il avait publié des contes et un superbe Bestiaire vivant (Limonaire, 1982) qui soulignait sa tendresse pour les êtres vivants. Son catalogue offre les oeuvres d'Albert Fleury, André Druelle, Frédéric-Jacques Temple, Charles Estienne, Edmond Humeau (l'un des fondateurs de l'école de Rochefort), Armand Olivennes, Charles Bourgeois, Pierre Autin-Grenier, Jean-Louis Cordebard ou de son ami Edmond Thomas. Depuis plusieurs années, Jean Le Mauve s'attachait à promouvoir l'oeuvre méconnue d'Ilarie Voronca avec sa compagne "typote" Christine Brisset (L'Impatiente).
Le Matricule N°29 lui avait consacré ses deux pages éditeur.

Le sacro-saint droit d'auteur
Quoi de plus politiquement correct que le droit d'auteur? C'est joli, le droit d'auteur : c'est, nous dit-on, la reconnaissance du travail intellectuel. La récompense de l'esprit sur la matière.
Au nom du droit d'auteur on a remis en cause la (quasi) gratuité de la lecture publique, on a enfourché, la main sur le coeur, le cheval du prêt payant.
Au nom du droit d'auteur, aujourd'hui, l'IMEC (Institut de la Mémoire de l'Édition Contemporaine) réclame beaucoup d'argent à un site consacré à Louis-Ferdinand Céline. Pourquoi? Parce le site, avec l'accord du propriétaire d'une partie des clichés diffuse 13 photos de Céline. Que réclame l'IMEC? 10 000 FF par an!
Je vous livre le courrier publié par la liste de diffusion Litor modérée par Patrick Rebollar (dont on cause par ailleurs dans l'Actuweb).
La même mésaventure est arrivée à Laurent Monnier, un fan de Jean Ferrat qui a eu le tort de proposer les textes de chanson de son idole sur le web. Le webzine Powow en cause.
Au nom du droit d'auteur, on transforme un écrivain en représentant de commerce de son livre (qui rapportera plus d'argent à chaque maillon de la chaîne du livre qu' à lui-même). On le rend responsable de la mauvaise vente de l'ouvrage (on sait que tel ou tel écrivain n'est pas très vendeur, que tel autre en revanche se défend bien
).
Le droit d'auteur est un formidable outil de capitalisme dur : non seulement celui qui a effectué le travail n'est guère payé (voire pas du tout quand il publie chez L'Harmattan par exemple
) mais il hérite en sus d'un travail supplémentaire (la promotion) pour lequel il gagnera souvent moins que son éditeur, le diffuseur, le distributeur, l'imprimeur.
En fait, ne serait-il pas temps de se poser la question du bien fondé du droit d'auteur? Ne pourrait-on pas imaginer, par exemple qu'un écrivain se voit offrir une somme d'argent pour son livre sans préjuger des ventes? Par exemple, comme c'est le cas pour un architecte, l'écrivain vendrait son ouvrage à l'éditeur qui lui offrirait la meilleure somme. Un éditeur qui n'achète pas les livres qu'il édite (c'est le cas de la plupart des éditeurs, qui ne payent des droits d'auteurs -quand ils en paient- qu'un an après la mise en vente de l'ouvrage, en versant à l'auteur 8 à 10% du prix des livres vendus) ressent peut-être moins l'impératif de promouvoir, partout et du mieux qu'il peut, ce livre. En revanche, un éditeur qui achèterait, mettons, 40 000 FF un manuscrit, mettrait tout en oeuvre pour entrer dans ses frais en vendant le livre.
Bon, il est évident que ce genre de propos fera l'unanimité contre lui. Mais c'est bien, parfois de gratter du côté des idées reçues, non?

L'été chaud de Bourgois
Après l'expérience menée par P.O.L avec le feuilleton de Jacques Jouet (La République de Mek-Ouyes mis en ligne sur le site de l'éditeur, c'est au tour des éditions Christian Bourgois d'animer son site avec de vrais morceaux de littérature. À l'ombre des palmiers, au bord des piscines et entre deux siestes (coquines ou non) vous pourrez à partir du premier juillet lire des nouvelles de John Fante, Kirsty Gunn, Hanif Kureishi, António Lobo Antunes, Dorothy Parker, Peter Stamm ainsi que des textes de Fernando Pessoa.
On appréciera que des éditeurs non frileux fassent ainsi lire gratuitement des textes qu'ils publient et on fera le pari suivant : quand des internautes ont aimé une lecture sur le web, ils se dirigent vers les librairies pour acheter les ouvrages de l'auteur ainsi découvert.

Au fil du net littéraire
Zazieweb vient de mettre au point un nouveau modèle de recherche de livres sur son site. Très malin et très complet, ce processus de recherche permet notamment de trouver des livres qui seraient numérisés. Soit en partie (le premier chapitre), soit en intégrité. Ainsi, vous avez la possibllité de lire des livres en format pdf. Sauf que, si vous recherchez les livres entièrement numérisés, vous n'en trouverez pas. Et seulement cinq titres apparaissent dans la rubrique 1er chapitre numérisé. Zazie est une nouvelle fois en avance sur les éditeurs.
À propos de ces ouvrages numérisés, allez consulter le site des éditions de l'Éclat et lisez ce que Michel Valensi, le directeur, dit des lybers . C'est très pertinent et on aimerait que cette idée circule un peu plus

Nouveautés sur le site
On essaie de vous présenter aussi souvent quepossible des sites plus ou moins culturels (décidément ce mot est galvaudé) dans la rubrique Actuweb. Vous pouvez, bien sûr nous signaler vous-mêmes des sites, littéraires ou non, qui vous semblent intéressants. Il suffit de nous écrire.
Rappelons aussi qu'Ernestine, notre vieille dame, a lancé une campagne pour la redécouverte de Jean-Pierre Brisset. Elle attend vos signatures avec impatience, parmi ses poules et sous le ciel nonchalant de sa vendée (c'est bien ça, hein, Ernestine?). Ne la laissez pas combattre seule
Enfin, à tout hasard, signalons que vous pouvez vous abonner au Matricule (magazine) ou commander d'anciens numéros. Vous pouvez aussi acheter vos livres sur LeLibraire.com : ceci dit pour vous rappeler que tous les articles diffusés ici sont gratuits et que les nuits sont courtes puisqu'il faut chercher ailleurs le financement de ce qui constitue, pour beaucoup d'entre vous, un service.

Les livres reçus
La rubrique Les livres reçus se trouve dans Tout chô. Si, si, c'est tout en bas

Quelques lignes

L'atelier du Hanneton édite des livres de plus en plus beaux. Depuis quatre ans que cette maison d'édition existe, son typographe de directeur a amélioré considérablement sa technique. Au point que le deuxième livre de Claude Brunet qu'il publie, s'impose d'abord pour son esthétique. Beau papier, belle typo. Le texte, lui, fait parfois penser à des écrivains comme Daniel Biga, Jean-Pierre Georges. Sur la notation du quotidien, quelques notes justes, quelques notes tendres
Extraite de Ordinaires (107 pages, 95 F) tiré à 400 exemplaires, voici la page 9 :
Rentrer, éclairer, s'asseoir sans quitter mes affaires. Après des kilomètres de nuit, de phares, de moteur et d'autoroute, retrouver la solitude de ma chambre blanche. Murs de béton blanc et souffle lancinant de la VMC. Sur la table, mes mains, mes clefs, cigarettes -j'en prends une-, ciseaux, réveil, boîte, quignon de pain rassis, cahier de notes, Scotch -j'en prends un-. Je pense souvent à ce titre de Bruce Chatwin "Qu'est-ce que je fais là".
Ordinaires de Claude Brunet (Atelier du Hanneton)

Quelques rendez-vous
Les Rendez-vous font maintenant l'objet d'une page spéciale. Allez consulter le calendrier des manifestations littéraires, également accessible à partir de la page d'accueil.

L'agenda angélique
Presque tout sur nos rencontres, animations et débats.
L'été s'annonce chargé en travail rédactionnel et en renouvellement de notre site. Mais peu de rencontres (si ce n'est dans les bars, la nuit ou au bord de l'eau, avec nos canards jaune et rouge autour de nos grasses tailles).
Néanmoins, voici déjà quelques rendez-vous :
15 juin : Christian Prigent sera à la médiathèque du Carré d'art à Nîmes. À 20h30 une lecture rencontre proposera d'entendre l'auteur d'Une phrase pour ma mère et surtout de prendre connaissance de A la dublineuse, livre quadrichromique soutenu par le peintre Serge Lunal. Pour avoir vu un exemplaire de l'ouvrage, je peux vous dire qu'il est somptueux. Donc on sera là : mais dans la salle.
16-17 juin : Nîmes toujours et toujours le Carré d'art pour un salon du livre d'artistes. On sera visiteurs.
du 19 au 22 juillet : Les éditions Joca Seria font venir quelques écrivains (et non des moindres : Camille Laurens, Paul Louis Rossi entre autres) pour les rencontres Écrivains en bord de mer à La Baule. On attend le programme définitif mais on peut déjà dire qu'on y sera puisqu'un débat sera organisé autour de la critique littéraire.
Avec, normalement, Patrick Kéchichian, ma pomme et peut-être Bertrand Leclair. Il est prévu que les nuits seront agitées

Help
Quelqu'un peut-il me dire où trouver des vers de sable dans la région de Montpellier. Des blancs. C'est pour pêcher la dorade, parce que là, depuis le début de l'été (qui commence en avril chez nous) il faut bien dire que les séances de pêche ont été terriblement peu productives : coups de soleil, un peu d'eau, quelques images style carte postale, deux bas de ligne cassés dans les rochers et c'est tout. Le seul poisson qu'on a pris c'est chez le poissonnier
On n'en dort plus la nuit.
Vous voulez réagir?
Vous inscrire au club des Anges?
Actualités des autres jours
|