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Les articles       

Correspondance 1953-1967
de
Georges Perros
Claire Paulhan
0.00 €


Article paru dans le N° 103
Mai 2009

par Didier Garcia

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    Correspondance 1953-1967

En 1950, Georges Perros se rend au Caire pour y rencontrer l'auteur de Les Îles, ce roman qui l'a confirmé dans son désir de devenir écrivain. Jean Grenier lui conseille alors d'envoyer ses " pensées " (celles des futurs Papiers collés) à La NRF, pour une éventuelle publication... Commence ainsi un échange de lettres qui s'achèvera un an avant la mort de Paulhan.
Les amateurs de correspondance trouveront ici de quoi satisfaire leur appétit : 221 lettres (soit 17 lettres inédites par rapport à l'édition de Calligrammes parue en 1982), et deux écrivains qui sont d'abord deux énormes lecteurs (d'un côté Paulhan, qui s'intéresse à tout ce qui s'écrit, mais trouve le temps de nourrir ses amitiés, de l'autre Perros, qui se tient toujours à la limite de l'effacement, plus apte à s'attacher " à des angles de rues qu'à des hommes ", et que l'on voit décliner les invitations, les honneurs, et même refuser les publications).
Les lettres de Perros sont écrites d'une plume débridée, laquelle n'empêche ni le pittoresque (cet accident de moto contre une vache par exemple), ni les belles notations : " L'été touche à sa fin. Il était temps. La mer a les pieds sales. Vivement le grand branle-bas, là-haut, et qu'on change les projecteurs, que l'air retrouve ce goût acide qu'ont déjà les pommes ". Celles de Paulhan sont souvent plus strictes, un rien plus sèches, mais pleines de fraîcheur, ou " soleilleuses " comme disait Perros lui-même.
Forcément, il y est question de littérature (l'épo-que les a plutôt bien aidés), des décès qui endeuillent les éditions Gallimard (Larbaud, Roger Martin du Gard, Camus, Supervielle - " si on se laissait aller, on ne parlerait plus que des morts ", confie d'ailleurs Perros à Michel Butor), mais une littérature partagée, véritablement portée par cette amitié indéfectible : " Dites comme vous allez, travaillez. Vous savez bien que c'est du bonheur pour moi ".
Didier Garcia
CORRESPONDANCE
1953-1967

de JEAN PAULHAN/ GEORGES PERROS
Éditions Claire Paulhan, 400 pages, 39 e

 Correspondance 1953-1967 de Georges Perros

 

 

 

 

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Didier Garcia

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