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CCP N?16
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Article paru dans le N° 101
Mars 2009

par Emmanuel Laugier

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    CCP N?16

Le nouveau dossier que la revue marseillaise CCP (pour Cahier critique de poésie) consacre à l'oeuvre de Claude Royet-Journoud s'est construit autour de la publication de ses deux derniers livres, La Poésie entière est préposition (Éric Pesty éditeur, 2007) et Théorie des prépositions (P. O. L, 2007). Seize auteurs, ici, ainsi qu'un entretien avec Éric Pesty, avancent des hypothèses sur cette oeuvre lente, patiente et retenue, sans lyrisme apparent. Théorie des prépositions peut s'entendre par ces propos, qui auront presque valeur emblématique du questionnement perpétuel de C. R.-J. : " Il y a toujours un jeu entre la représentation et l'irreprésentable. D'où l'idée de scène. Tu es dans la représentation du vivant et en même temps tu es dans son... pas dans son fantasme, mais dans son impossibilité à être représenté. Oui, l'irreprésentable. Il y a toujours cette limite du langage ".
Si on a défini l'écriture de Claude Royet-Journoud comme une écriture négative, hantée par le neutre et le crime, le renversement du langage, il faut pourtant préciser qu'entre tous ses livres, et la fameuse tétralogie commencée avec Le Renversement (Gallimard, 1972) et achevée avec Les Natures indivisibles (Gallimard, 1997), son effort aura été de déconstruire les définitions catégorielles, de nommer le labyrinthe de la langue, son fourmillement infini. Mais c'est autour de la " notion d'obstacle ", inhérente à la matière de la langue, que sa tâche, son " travail d'ignorance ", tournent. Faisant face à la masse noire du langage pour éclairer littéralement de l'intérieur quelques-unes de ses surfaces, ses livres se traduisent par le lent ricochet de mots placés les uns contre les autres, telles quelques pierres aux mouvements secs et sourds, à peine audibles. Cette opération, Françoise de Laroque en parle comme une marche et " une recherche d'équilibre, une transformation de la chute ", Helena Erikson la ponctue de notes et de citations de Wittgenstein, la comparant, étonnamment, aux jeux de poupées déstructurées de Hans Bellmer. Jonas (J) Magnusson, traducteur suédois de Théorie des prépositions, rappelle les liens de ce livre avec le linguiste philosophe danois Viggo Brøndal. David Lespiau reviendra, lui, très précisément sur Laque sur Polaroïd (Chandeigne, 1996), où C. R.-J. expose son travail de photographe et de peintre avec la complicité de Dominique Fourcade, quand Lola Créïs nous explique comment elle apprit, depuis son enfance, à employer le mot " poésie ", à distinguer le " livre " du " recueil ", grâce à sa fréquentation de C. R.-J. Leçon de pudeur formidable. Enfin, retenons " Des gestes, noirs " de Jean-Marie Gleize, où celui-ci développe le lien entre la poésie et " la réalité du mur. Aller vers un mur. Etre face au mur. Le dos au mur ", ainsi que le passionnant entretien avec Alain Veinstein (France Culture / " Surpris par la nuit " / contresens)) qu'offre la revue sur support CD.

CCP N° 16 - 288 pages, 15 e cipm@cipmarseille.com

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Emmanuel Laugier

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