Le Matricule des Anges, magazine littéraire

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Les articles       

Les Abeilles de monsieur Holmes
de
Mitch Cullin
Na?ve
18.00 €


Article paru dans le N° 088
Novembre-décembre 2007

par Yves Le Gall

*

   Les Abeilles de monsieur Holmes

Il est pathétique à 93 ans d'être toujours en quête des nutriments les plus efficaces pour lutter contre les effets de l'âge. Mais ce vieillard que nous découvrons en 1947 élevant des abeilles dans une ferme isolée de la paisible campagne anglaise ne prête nullement à sourire. Il n'est autre que Sherloch Holmes.
La consommation de gelée royale lui a été certainement bénéfique car son esprit est toujours affûté. Sa méthode n'a pas changé : observer et mémoriser " de façon quasi photographique " tous les éléments dont il " dispose et les examiner sous tous les angles ". Mais il vit désormais dans un monde qui n'est plus celui des certitudes universelles et auquel il devient difficile de trouver un sens. La recherche d'une recette ancestrale de longévité est pour lui le prétexte d'un voyage au Japon qui le conduit sur les ruines de la ville d'Hiroshima. Holmes affronte désormais les mystères insondables que sont la souffrance et la mort.
L'architecture du roman de Mitch Cullin, l'auteur de Tideland, est assez complexe. Elle s'articule autour de trois histoires imbriquées dont les intrigues servent de supports aux efforts de mémoire d'Holmes. Les identités ne se dévoilent que lentement et de façon très douloureuse. Holmes de retour du Japon, ayant résolu ces trois dernières énigmes nous livre, meurtri, le fruit de ses réflexions mais sans offrir de véritables réponses... L'image de ce vieil homme cheminant les larmes aux yeux au coeur du bocage du Sussex parmi fleurs et papillons est assez poignante. Le charme du texte, au ton pourtant grave, tient à ces éclairs d'enchantement, à ces étincelles d'" innocence enfantine " parcourant l'univers opaque décrit par Holmes. Comme si pour lui, la plus mystérieuse des énigmes était celle de ces grâces inouïes et fugaces se mouvant jusqu'à dissipation dans la vacuité générale.

Les Abeilles de monsieur Holmes de Mitch Cullin
Traduit de l'américain par Hélène Collon
Naïve, 310 pages, 20 e

Les Abeilles de monsieur Holmes de Mitch Cullin

 

 

 

 

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Yves Le Gall

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