Le Matricule des Anges, magazine littéraire

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Les articles       

L' Enfant au visage couleur de la mort
de
Pascal Quignard
Galilée
15.50 €


Article paru dans le N° 078
Novembre-décembre 2006

par Gilles Magniont

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   L' Enfant au visage couleur de la mort

Des textes d'abord parus en 1979, 1981, 1985 : il s'agit d'éditions " corrigées " et " définitives " et hors de prix , Triomphe du temps constituant le seul inédit du lot. Pour l'essentiel, les histoires sont d'un temps un peu livresque : celui des invasions et des barbares du Nord, celui où le petit Racine faisait ses devoirs devant une cheminée, celui " où on disait Monsieur aux mendiants ". Elles sont tissées d'épreuves et de répétitions, " comme s'il s'agissait d'un conte, où tout revient comme vient le refrain, où tout pérore comme font les canards ". " Comme si ", " à la manière de "... Pourtant, davantage qu'à tout écrit ancien, il est permis de songer ici à d'autres oeuvres du même auteur.
Au Nom sur le bout de la langue, avec les questions sans réponse d'Ethelrude et Wolframm ; aux Petits traités, quand L'Enfant au visage couleur de la mort s'absorbe dans la rumeur des livres ; et lorsque défilent scènes de désir et de stupeur, c'est Le Sexe et l'effroi qui fait son éternel retour. " Cela sidère ", bien sûr. Cela, dans cet univers de somptueux matérialisme, au coeur des mots crus et précieux, c'est un peu tout : un sexe dressé, une bouffée de silence, les travaux de couture. Les figures de ce théâtre peuvent lasser, notamment lorsque monte une fièvre " blétissante " ou que gonflent d'inquiétants subjonctifs : " Ainsi eût vécu celui dont le visage fût celui de la mort "... Mais qu'on se promène ici comme chez soi, en souriant de certains meubles, implique-t-il qu'il faille revenir sur ce-qu'on-a-tant-aimé ? Serait-ce plutôt la rançon d'une sidérante prodigalité, laquelle émousse notre désir ? Rien que pour ces quatre dernières années, 18 livres sont parus sous le nom de Pascal Quignard. Voilà qui peut faire songer au chanteur nommé Prince, desservi, dit-on parfois, par son trop plein d'albums à l'inverse et dans un même ordre d'idées, on apparenterait plutôt Pierre Michon à Michael Jackson.

Triomphe du temps (76 pages, 15 e), Ethelrude et Wolframm (38 pages, 12,20 e), Le Petit Cupidon (46 pages, 12,50 e), et L'Enfant au visage couleur de la mort (84 pages, 15,50 e) de Pascal Quignard, Galilée

L' Enfant au visage couleur de la mort de Pascal Quignard

 

 

 

 

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Gilles Magniont

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