Le Matricule des Anges, magazine littéraire

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Les articles       

Et puis
de
Natsume Sôseki
Serpent à plumes (Le)
24.00 €


Article paru dans le N° 045
Juillet-septembre 2003

par Bertrand Serra

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    Et puis

Voici un livre de Natsume Sôseki bien différent de ceux que les récentes publications (l'auteur est mort en 1916...) nous ont livrés : rien de l'ironie de Je suis un chat, peu de la mélancolie voyageuse d'Oreiller d'herbes. Reste la manière, presque précieuse si ce n'était la sobriété poétique, toute en impressions, de Sôseki, auteur de milliers de haïkus, esthète et érudit; presque psychologique si son analyse, au scalpel, si son talent inouï à suivre et exprimer les émotions les plus fines, les plus intimes, de ses personnages, ne reliaient ces mêmes personnages à un espace plus large que leur intérieur. C'est bien une peinture des moeurs de son époque que Sôseki nous propose. Nous trouvons précisément là un des thèmes centraux de son oeuvre -la confrontation d'un individu à une société en mutation, déchirée entre les archaïsmes hérités d'une civilisation millénaire et une modernité importée d'Occident, que l'ère Meiji avait inaugurée en 1868.
Cette opposition de valeurs, nous la retrouvons dans la relation glacée par les conventions qu'entretient Daisuké avec son frère aîné, à qui il tente, en vain, d'emprunter de l'argent pour venir en aide à Hiraoka, et son épouse Michiyo, dont il va tomber amoureux. Prélude à une métamorphose : l'indolence indifférente, très dandy, de Daisuké se fissure; il devient un jeune homme actif et résolu à assumer son choix. Résolu aussi à affronter sa famille, qui le presse d'épouser une situation respectable, et une des jeunes femmes qu'on lui propose, pour un mariage arrangé...
Sôseki, érigé en monument littéraire au Japon (son visage orne les billets de 1000 yens) confirme sa dimension et sa modernité, quasi fondatrice de la littérature japonaise contemporaine; aussi, le placer en aîné des grands romanciers nippons qui suivront ne paraît pas usurpé.

Et puis
Natsume SÔseki
Traduit du japonais par Hélène Morita et Yôko Miyamoto
Le Serpent à plumes
400 pages, 24 e

 Et puis de Natsume Sôseki

 

 

 

 

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Bertrand Serra

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