Le Matricule des Anges, magazine littéraire

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  #163

FRÉDÉRIC VALABRÈGUE

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Sale fenêtre (nouvelle) Trois coups sous les arbres Digne marin Mai 2015
 
    Passage en revues

Passionnés de revues, ils lancent à Lyon le festival « Livraisons », du 4 au 6 juin 2015. Respectivement président et co-président de l’association « Livraisons. Des revues en Rhône-Alpes », Gwilherm Perthuis et Paul Ruellan nous parlent des enjeux et du programme de cette première édition, soutenue par ´Le Matricule des anges´.

Organiser un festival consacré aux revues, et qui plus est en région, c’est un pari doublement audacieux, non ?

La revue est un type de publication mal identifié. Trop souvent, elle est considérée, à tort, comme un objet difficile, obscur, élitiste… Ces préjugés sont couplés à un problème de définition : la majorité des lecteurs confondent les revues avec les magazines ou les journaux et ne soupçonnent pas, la plupart du temps, l’extraordinaire diversité que ce médium recouvre. L’enjeu principal du festival « Livraisons » est justement de désamorcer les a priori en valorisant le rôle joué par les revues dans la diffusion du savoir et des idées et en démontrant qu’elles sont un terreau essentiel à la création plastique ou littéraire. Nous avons l’ambition de dédramatiser le rapport aux revues : ces lieux d’expérimentations sont accessibles à tous. Depuis trente ans, l’association Ent’revues, dirigée par André Chabin, développe un travail exemplaire pour la promotion et la connaissance des revues en France. Le Salon de la revue est devenu un rendez-vous incontournable. En prolongement, dans une forme assez différente, il nous a paru pertinent de proposer un second événement annuel dédié aux publications périodiques, en région cette fois-ci, s’ouvrant à d’autres interrogations et mêlant d’autres types de publics que ceux fréquentant les temps forts parisiens. Bien qu’installée à Lyon, nous avons d’emblée imaginé que cette manifestation pourrait avoir une portée nationale.

Financièrement, qui vous soutient ?

Le projet a été reçu avec enthousiasme par la DRAC et la Région Rhône-Alpes qui assurent plus de 80 % du financement de cette première édition. Ces engagements forts démontrent que l’État et les collectivités locales ont encore un rôle déterminant à jouer dans la politique du livre et de la lecture. Au-delà de l'aspect financier, nous avons mis en place un partenariat avec deux lieux culturels majeurs qui accueillent le festival : le musée des Beaux-Arts et l’École nationale supérieure des Beaux-Arts. Malheureusement, la Ville de Lyon a manqué d'audace et ne s'est pas lancée dans cette belle aventure.>

La région Rhônes-Alpes vous semble-t-elle plus dynamique qu'ailleurs en termes de création de revues ?

Effectivement, nous observons une importante concentration de revues sur le territoire rhône-alpin. C’est d'ailleurs sans doute ce qui a provoqué la fondation de l'association Livraisons en juin dernier. Des responsables de revues, des amateurs, des libraires, ou des personnalités du monde de l'édition ont convergé pour associer leurs forces et leurs talents, pour aller à la rencontre des publics et faire rayonner les revues collectivement. On ne cesse de prédire la mort du papier et de s'alarmer sur l’état de l’économie du livre et pourtant chaque année de nouvelles revues apparaissent et rafraîchissent le contexte éditorial et les rayons des libraires !

Dans les grandes lignes, à quoi doit-on s'attendre ? Votre programme s'adresse-t-il autant aux initiés qu'aux profanes ?

À la fois sérieux et festif, le festival s’adresse à un large public : en premier lieu à celui des lecteurs qui n'ont pas le réflexe de se tourner vers les revues et qui sont pourtant attentifs à la vie des idées, aux arts, ou aux lettres… Nous espérons également mobiliser les professionnels (libraires, bibliothécaires, éditeurs) qui souffrent souvent d’un déficit d’information sur les périodiques.

Le festival propose des échanges entre des revues aussi variées que, par exemple, ´Europe´, fondée en 1923, et ´Corrientes revista´, jeune revue numérique franco-argentine. Une soirée est consacrée à une figure littéraire ayant constamment entretenu une proximité avec les revues, comme responsable, lecteur ou auteur : cette année, Christian Prigent témoignera de l’aventure ´TXT´ (1969-1993). Des cartes blanches sont réservées à des revues atypiques : ´Tacet´, ´S/V´, ´Talweg´… Puis, des tables-rondes thématiques confronteront des regards antagonistes ou complémentaires : un temps autour des revues littéraires réunira ´La Revue de Belles-Lettres´, ´Fario´ et ´Grumeaux´. Enfin, étant très attachés au patrimoine des revues, nous dédions la soirée inaugurale à la revue de poésie ´L’Éphémère´ (1967-1972) dirigée par Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Jacques Dupin, Louis-René des Forêts et Gaëtan Picon. L’universitaire Yasmine Getz dialoguera avec Alain Veinstein qui a contribué à plusieurs numéros de cette remarquable revue.

Propos recueillis par Anthony Dufraisse

www.livraisons-revues.org

 

 

Chroniques auteurs
Eric Holder, Chloé Delaume, Dominique Fabre, Christian Prigent, Valérie Rouzeau, Jacques Serena, Antoine Emaz, François Salvaing...

Sale fenêtre (nouvelle)

Jacques Serena nous a offert ce texte inédit. Sale fenêtre est, à l'origine,une version possible d'une fin de Lendemain de fête. Ceux qui n'ont pas encore lu ce roman seraient bien inspirés d'aller y voir...

Une fois dans l'escalier il faut monter jusqu'en haut, l'escalier sombre et étroit. Ça dure longtemps. D'autant plus longtemps que je monte lentement, fatigué comme me voilà.
En haut il n'y a pas de palier, la porte de la chambre est directement collée à la dernière marche. Je pousse la porte, et quand elle s'ouvre me reviennent toutes les autres fois où j'ai dû pousser cette porte. Mais les personnes des deux sexes qui se trouvaient toujours là, dans cette chambre derrière cette porte, ne s'y trouvent pas, ne sont pas là à se retourner pour voir ce que c'est, et reconnaître que c'est moi, moi très fatigué.

Jacques Serena
Le Matricule des Anges n° 022
© Le Matricule des Anges et ses rédacteurs
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